Que faut-il savoir sur « Contexte et enjeux » — Gouvernance des données (partie 1/5) ?
Extrait de Gouvernance des données
Les organisations, qu’elles soient publiques ou privées, ont vu leurs modes de fonctionnement évoluer à mesure que les outils informatiques se sont imposés dans chaque service et que les échanges se sont accélérés.
La production et la circulation d’informations ont atteint une ampleur sans précédent et continuera d’évoluer d’une façon exponentielle et imprévisible (ISO 42010)
Autrefois confidentielles et préservées au sein d’armoires et de classeurs, ces informations circulent désormais à la vitesse de l’électron, via des infrastructures connectées accessibles depuis n’importe quel point du globe.
Dans ce contexte, la notion de gouvernance des données s’est progressivement installée comme un pilier pour toute structure désirant maîtriser son patrimoine informationnel et en tirer parti de manière durable.
Dès lors que l’on parle de gouvernance des données, on fait référence à un ensemble de pratiques, de processus, de règles et de rôles qui visent à piloter et à organiser l’information, depuis son acquisition ou sa création jusqu’à sa suppression ou son archivage.
Au fil des dernières années, la donnée s’est imposée comme l’actif le plus précieux des entreprises et des organisations.
Bien que cette réalité ne soit pas toujours reconnue par les différentes directions, il suffit qu’un incident ou une crise affecte la donnée pour révéler toute son importance.
Cette démarche ne se limite pas à un aspect purement technique.
Elle englobe également des considérations éthiques, juridiques, stratégiques et organisationnelles.
Les enjeux dépassent de loin la simple question de la technologie : il s’agit d’assurer la cohérence, la fiabilité, la sécurité et la valorisation de ce qui est désormais considéré comme le moteur d’une grande partie des activités économiques et administratives.
Le volume de données généré chaque jour est colossal.
La croissance exponentielle des informations numériques s’accompagne d’une complexité grandissante.
Les formes que prennent ces informations se diversifient : textes, images, vidéos, enregistrements vocaux, données de capteurs, statistiques financières ou marketing, et bien d’autres formats encore.
Face à cette pluralité, les modèles classiques de gestion, basés sur des bases de données relationnelles et des structures figées, peinent parfois à s’adapter.
Les notions de big data et de data lakes ont émergé pour décrire des environnements capables d’absorber ce flot permanent.
Toutefois, la simple accumulation de ces masses n’offre pas de valeur ajoutée en soi : il faut disposer d’une vision claire, d’un pilotage approprié et de méthodes de classification, de vérification et de gouvernance pour les rendre véritablement utiles.
Au-delà de l’enjeu purement volumétrique, on observe aussi la vitesse à laquelle les informations sont produites et doivent être traitées.
Qu’il s’agisse de transactions électroniques, de flux IOT (Internet des objets) ou d’interactions sur les réseaux sociaux, le temps réel s’est invité dans le fonctionnement quotidien de nombreuses structures.
Cette accélération pose des défis de réactivité, de contrôle et de sécurité : comment s’assurer que les informations circulant à grande vitesse demeurent exactes ?
Comment préserver leur confidentialité, leur intégrité et leur disponibilité ?
Comment respecter les réglementations nationales et internationales tout en conservant la souplesse indispensable à l’innovation ?
NB : Il faudrait également aujourd’hui ajouter la traçabilité.
Les régulations récentes, à l’instar du Règlement général sur la protection des données (RGPD) en Europe ou du California Consumer Privacy Act (CCPA) aux États-Unis, ont contribué à souligner l’importance de mettre en place des mécanismes fiables de contrôle.
La question du respect de la vie privée et du consentement explicite des utilisateurs a placé la protection des informations personnelles au premier plan.
Dans de nombreux cas, les manquements à ces obligations se traduisent par des pénalités financières lourdes ou par une détérioration de la réputation de l’entreprise fautive.
Les individus, de plus en plus sensibles à l’utilisation qui est faite de leurs informations, attendent des acteurs économiques et des institutions publiques qu’ils adoptent une posture responsable.
Cette attente sociale vient donc renforcer la nécessité de disposer d’une gouvernance adaptée, dans laquelle chacun sait comment les données sont collectées, traitées, stockées, partagées ou effacées.
Notons tout de même que l’évolution des modèles économiques renforce également l’importance de cette gouvernance.
Dans certains secteurs, l’information est devenue l’atout majeur différenciant les entreprises.
Les plateformes numériques spécialisées dans la recommandation de produits, les services de streaming adaptant leurs suggestions au comportement de visionnage, les outils d’analyse prédictive appliqués à la santé ou à la logistique s’appuient sur un socle informationnel massif et nécessitent des mécanismes de supervision.
Sans garde-fous, la dérive est possible : opacité des algorithmes, mauvais usage des données, partage abusif auprès de tiers, etc.
