QUESTIONS & RÉPONSES La collection de Solve DSI - Yann-Eric Devars
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Que faut-il savoir sur « Contexte et enjeux » — Gouvernance des données (partie 3/5) ?

Extrait de Gouvernance des données

Il s’agit de maîtriser l’ensemble du cycle de vie des données, de la collecte à la suppression ou l’archivage, en passant par le stockage et l’analyse.

À chaque étape, des exigences particulières se manifestent, qu’il s’agisse de respecter la finalité initiale de la collecte (notamment pour les données personnelles), de vérifier la qualité, ou de veiller à une bonne traçabilité.

Lorsqu’on évoque les enjeux, il est essentiel de souligner leur dimension économique.

Les informations, lorsqu’elles sont correctement exploitées, peuvent déboucher sur des opportunités nouvelles.

Les analyses prédictives, les modèles d’apprentissage et la data visualisation fournissent aux décideurs une compréhension fine des tendances du marché, des préférences de la clientèle ou des failles dans la chaîne logistique.

Cette connaissance approfondie offre la possibilité d’anticiper les évolutions et de concevoir des offres plus pertinentes, d’améliorer la satisfaction client et d’optimiser les coûts.

Une mauvaise organisation ou un manque de coordination autour de la gouvernance des données peut au contraire engendrer une fragmentation, des doublons et une faible fiabilité, compromettant la pertinence des résultats obtenus et ralentissant la capacité d’adaptation face à la concurrence.

Sur le plan sociétal, la maîtrise des informations devient un aspect majeur de la relation de confiance entre les organismes et leurs parties prenantes.

Que ce soit dans le domaine médical, bancaire, administratif ou marketing, les usagers consentent à partager des informations sensibles en échange d’un service ou d’un avantage.

Il est essentiel que ces personnes se sentent protégées, écoutées et respectées.

Les événements de ces dernières années, au cours desquels des plateformes d’envergure ont connu d’importantes fuites d’informations, ont ébranlé la confiance.

La mise en place de dispositifs robustes de gouvernance, associée à une communication transparente, permet de regagner cette confiance en montrant que chaque étape du traitement des données fait l’objet d’une attention particulière et d’un contrôle rigoureux.

En interne, la gouvernance des données a également pour effet de clarifier les responsabilités de chacun.

Au lieu de laisser les équipes informatiques porter seules le poids de cette mission, un programme efficace implique l’ensemble des départements.

Chaque acteur sait quels types d’informations il manipule, pour quelle finalité, et quelles procédures suivre en matière de classification, de protection ou de partage.

Le sentiment d’appropriation et la responsabilisation qui en découlent peuvent grandement améliorer la discipline collective, réduire les risques d’erreurs et favoriser une appropriation cohérente des outils et des procédures.

Au regard de la mondialisation et de la tendance à la dématérialisation, la gouvernance des données se positionne comme un prérequis pour tirer avantage des innovations sans s’exposer de manière inconsidérée.

Les services en nuage, par exemple, offrent une flexibilité et une puissance de calcul inédite.

Toutefois, ils soulèvent la question de la localisation des serveurs, de la législation applicable et des mesures de sauvegarde en cas de défaillance.

Attention :

  • Vous avez des dépendances à vos fournisseurs, vous ne pouvez tout faire de A à Z.
  • Vous devez tenir compte de la qualité de fourniture des prestataires car ils vous permettent de rendre votre chaine de valeur plus efficiente.
  • Si vous avez un fournisseur en contact avec votre client (service de livraison par exemple), en cas de défaillance de celui-ci, c’est votre image qui est en jeu.

Un contrat de service peut ne pas suffire pour garantir la conformité, d’où la nécessité d’instaurer des règles internes très claires définissant quel type d’information peut être hébergé à tel endroit, sous quelles conditions, et avec quels mécanismes de chiffrement ou d’anonymisation.

Un autre aspect essentiel concerne la normalisation et l’interopérabilité.

À mesure que la quantité d’outils, de plateformes et de bases de données grandit, il devient vital de recourir à des protocoles standardisés pour l’échange d’informations.

Les entreprises qui parviennent à interconnecter efficacement leurs systèmes s’épargnent des coûts de réconciliation ou de transformation, et gagnent du temps lors de l’analyse.

La gouvernance des données joue un rôle clé dans la mise en place de ces standards, car elle définit les mécanismes de validation, de documentation et d’harmonisation des formats.

Elle veille également à ce que les modifications ou migrations futures soient planifiées, testées et communiquées à l’ensemble des personnes concernées.

En parallèle, la notion d’innovation prend une place de choix.

Les avancées dans le domaine de l’IA, de la robotique ou de la réalité augmentée dépendent grandement de la qualité des ensembles de données utilisées pour concevoir et entraîner les modèles.

Une information lacunaire ou erronée entraînera des produits ou des services inadaptés, tandis qu’une base solide permettra de développer des solutions intelligentes, pertinentes et évolutives.